À lire
Moi, Martin Bélanger,
34 ans, schizophrène
La schizophrénie est une maladie mentale
complexe difficile à accepter, tant pour ceux qui en sont
atteints que pour leurs proches. Si les causes de cette maladie
sont encore mal connues, on sait cependant qu'elle a de graves répercussions
psychosociales. Martin Bélanger fait partie du un pour cent
de la population que la schizophrénie frappe. Et c'est en
tant que schizophrène qu'il nous livre un témoignage
unique de son expérience de cette maladie qu'il a cherché
à comprendre afin de mieux l'accepter. Dans ses mots, l'auteur
explique les mécanismes psychiques sous-jacents à
la maladie et montre comment il a pu arriver à une stabilisation.
Les personnes atteintes d'une maladie mentale, leurs proches et
de nombreux thérapeutes pourront tirer profit de son expérience.
" [
] j'avais un délire
paranoïde qui me faisait croire qu'une guerre mondiale avait
éclaté et que la mafia, qui faisait partie de la conspiration,
me pourchassait. [
] je dois apprendre à vivre avec
ce handicap et l'accepter, car, dans mon cheminement personnel,
je crois qu'il m'a amené à grandir. "
Nous reproduisons ici la préface
du livre signée par le Dr Pierre Lalonde, Psychiatre, Professeur
titulaire à l'Université de Montréal :
De temps en temps, on entend des personnages
publics (journalistes, politiciens, etc.) déclarer qu'ils
se sentent schizophrènes ou qu'ils considèrent qu'une
situation tien de la schizophrénie. Manifestement ils ne
connaissent pas l'intensité des souffrances et les angoisses
des personnes qui ont reçu un diagnostic de schizophrénie
et qui doivent se débattre contre les difficultés
de la vie quotidienne.
Les maladies mentales, notamment la schizophrénie,
font peur à plusieurs. Cette stigmatisation, qui découle,
en partie, d'une méconnaissance de ces maladies, entraîne
trop souvent une exclusion des personnes qui en sont atteintes et
de leurs proches. Il est donc bien important de diffuser une information
exacte et scientifique sur les causes, les symptômes et les
traitements modernes de la schizophrénie. Mais il faut aussi
considérer une autre dimension : c'est l'aspect humain de
la personne qui est aux prises avec une maladie mentale.
Dans ce récit, Martin Bélanger,
trente-quatre ans, nous raconte son cheminement pour apprendre,
lentement, à surmonter les problèmes liés à
la schizophrénie, qui est survenue vers la fin de son adolescence.
Il a été hospitalisé à quelques reprises
en psychiatrie. Il a pris une variété de médicaments
antipsychotiques avant que son médecin trouve la formule
qui lui convienne. Il nous raconte maintenant, avec lucidité,
son parcours chaotique où des périodes d'exacerbation
des symptômes alternent avec des périodes de dépression
d'apathie. Il a rapidement appris que la consommation de drogues
et d'alcool induisait les symptômes psychotiques. Mais l'abstinence
n'a pas, pour autant, été facile à atteindre.
Ce livre nous apporte le témoignage d'une personne qui mène
un combat persévérant pour surmonter ces obstacles
par l'introspection et la connaissance de soi.
Pour mieux se comprendre et expliquer sa
maladie, Martin Bélanger a beaucoup lu. Dans son livre, il
tâche maintenant d'intégrer des notions qu'il a retenues
de ses lectures. Il a aussi beaucoup discuté avec ses parents,
avec ses thérapeutes, et il en ressort une sagesse qui résulte
d'une compréhension assumée de sa vulnérabilité
à la psychose. Il nous fait bien comprendre l'interaction
bio-psycho-sociale entre plusieurs éléments qui lui
ont permis d'arriver à une stabilisation :
- la prise régulière de médicaments antipsychotiques
qui enrayent les symptômes et préviennent les rechutes;
- l'abstinence de drogues et d'alcool qui protège le cerveau
vulnérable;
- la réflexion personnelle qui s'appuie sur des proches,
des thérapeutes, des lectures qui aident à trouver
une explication à cette expérience humaine;
- le soutien de ses parents et de son entourage qui l'aident dans
sa démarche, dans sa progression.
Ce livre relate une expérience personnelle
de la schizophrénie et de la toxicomanie, un cheminement
qui profitera sûrement à bien des thérapeutes,
des parents et des personnes souffrant de maladie mentale.
Ce n'est pas une recette simpliste et superficielle
de guérison. C'est un bel exemple de détermination
et de courage.
On n'a pas à se sentir honteux ou
coupable d'être affligé d'une maladie du cerveau. Grâce
à une meilleure compréhension, les personnes atteintes
peuvent plus facilement collaborer à un traitement qui permettra
une prévention des rechutes, et les proches seront plus en
mesure de faire face à la situation.
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