Faire des choix pour réduire son
stress
Rose-Marie Charest, présidente
de l'Ordre des psychologues du Québec
Les conflits de rôles sont une source très importante
de stress. Chaque moment consacré à une fonction est
enlevé à l'autre. La culpabilité et la peur
de ne pas y arriver sont en soi des sources d'épuisement.
Imaginez lorsque cela s'ajoute à toute la fatigue découlant
des tâches effectuées. Certains se comportent comme
s'ils devaient avoir le don d'ubiquité. Le désir de
plaire à tout le monde, la difficulté de faire des
choix, la volonté de tout réussir peuvent mener à
nous oublier. Nos limites, si on ne les reconnaît pas, nous
rattrapent et le signal peut faire très mal. Le " burn
out " c'est souvent l'épuisement de toutes ces énergies
investies à deux endroits à la fois.
Difficile mais rentable
Ces dilemmes déchirants empoisonnent
l'existence. D'où l'importance de prendre le taureau par
les cornes et faire des choix, même s'ils sont souvent difficile.
Les situations sur lesquelles nous avons un pouvoir sont plus nombreuses
qu'on le croit à première vue. Les horaires flexibles,
une meilleure distribution des tâches à la maison,
un niveau de vie moins élevé, accepter de dire non
au risque de décevoir sont des solutions coûteuses
mais qui peuvent s'avérer payantes en joie de vivre.
Il importe de se connaître et d'être
conscient de son potentiel et de ses limites et de faire les choix
qui permettront de les respecter. C'est là le premier outil
de gestion du stress. Il ne s'agit pas de se fixer une norme à
partir de ce qu'on observe chez d'autres, ou d'une moyenne nationale,
mais à partir de soi.
Reconnaître ses limites et s'affirmer
Si reconnaître ses limites est la clé
première de la gestion du stress, encore faut-il que cela
mène à s'affirmer. Compter sur les autres pour nous
respecter davantage qu'on le fait soi-même est illusoire.
On ne peut attendre d'eux qu'ils identifient, reconnaissent et respectent
nos propres limites. Ils n'ont ni la possibilité, ni la responsabilité
de le faire. Il revient à chacun de s'affirmer pour faire
connaître ce qu'il veut et ne veut pas.
Il serait tentant d'espérer que les
autres nous connaissent suffisamment pour qu'ils n'aient envers
nous que les attentes qui nous conviennent, et ce, sans que nous
ayons à l'exprimer. On risque d'être fort déçu
si l'on compte sur cette capacité de deviner pour sentir
que l'autre nous aime ou nous respecte. L'autre n'a pas ce don divinatoire.
Une fois nos limites identifiées,
reconnues et affirmées, il restera encore certaines situations
où nous les dépasserons. L'anxiété ressentie
par la peur de ne pas y arriver devra alors être gérée.
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Retrouver l'importance des petites
actions du quotidien se révèle une autre manière
de ralentir. Il faut habiter les actions que l'on accomplit,
même les plus simples.
Serge Marquis
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