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Accueil > Défi Schizophrénie > Volume 10 #2

Faire des choix pour réduire son stress

Rose-Marie Charest, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec


Les conflits de rôles sont une source très importante de stress. Chaque moment consacré à une fonction est enlevé à l'autre. La culpabilité et la peur de ne pas y arriver sont en soi des sources d'épuisement. Imaginez lorsque cela s'ajoute à toute la fatigue découlant des tâches effectuées. Certains se comportent comme s'ils devaient avoir le don d'ubiquité. Le désir de plaire à tout le monde, la difficulté de faire des choix, la volonté de tout réussir peuvent mener à nous oublier. Nos limites, si on ne les reconnaît pas, nous rattrapent et le signal peut faire très mal. Le " burn out " c'est souvent l'épuisement de toutes ces énergies investies à deux endroits à la fois.

Difficile mais rentable

Ces dilemmes déchirants empoisonnent l'existence. D'où l'importance de prendre le taureau par les cornes et faire des choix, même s'ils sont souvent difficile. Les situations sur lesquelles nous avons un pouvoir sont plus nombreuses qu'on le croit à première vue. Les horaires flexibles, une meilleure distribution des tâches à la maison, un niveau de vie moins élevé, accepter de dire non au risque de décevoir sont des solutions coûteuses mais qui peuvent s'avérer payantes en joie de vivre.

Il importe de se connaître et d'être conscient de son potentiel et de ses limites et de faire les choix qui permettront de les respecter. C'est là le premier outil de gestion du stress. Il ne s'agit pas de se fixer une norme à partir de ce qu'on observe chez d'autres, ou d'une moyenne nationale, mais à partir de soi.

Reconnaître ses limites et s'affirmer

Si reconnaître ses limites est la clé première de la gestion du stress, encore faut-il que cela mène à s'affirmer. Compter sur les autres pour nous respecter davantage qu'on le fait soi-même est illusoire. On ne peut attendre d'eux qu'ils identifient, reconnaissent et respectent nos propres limites. Ils n'ont ni la possibilité, ni la responsabilité de le faire. Il revient à chacun de s'affirmer pour faire connaître ce qu'il veut et ne veut pas.

Il serait tentant d'espérer que les autres nous connaissent suffisamment pour qu'ils n'aient envers nous que les attentes qui nous conviennent, et ce, sans que nous ayons à l'exprimer. On risque d'être fort déçu si l'on compte sur cette capacité de deviner pour sentir que l'autre nous aime ou nous respecte. L'autre n'a pas ce don divinatoire.

Une fois nos limites identifiées, reconnues et affirmées, il restera encore certaines situations où nous les dépasserons. L'anxiété ressentie par la peur de ne pas y arriver devra alors être gérée.

 

Retrouver l'importance des petites actions du quotidien se révèle une autre manière de ralentir. Il faut habiter les actions que l'on accomplit, même les plus simples.

Serge Marquis