Petits conseils pratiques
Comment éviter d'imposer un stress
supplémentaire à une personne atteinte de maladie
mentale
Des études ont démontré
que la personne atteinte est plus vulnérable au stress et
que ce dernier peut précipiter une rechute.
Afin de ne pas ajouter au stress déjà
vécu par la personne, il est bon :
1.
d'apprendre à formuler des commentaires de façon
positive plutôt que de critiquer;
2. de ne pas comparer la personne
atteinte aux autres. Il est beaucoup plus profitable de la comparer
à ce qu'elle était il y a un mois, il y a un an. Garder
un journal dans lequel on inscrit les différentes étapes
franchies par la personne atteinte (exemple : se rase seule, peut
demeurer seule trente minutes
). Le temps atténue nos
souvenirs. Il faut se donner des points de repère;
3. de continuer à travailler
à ce que la personne atteinte devienne le plus autonome possible
mais une autonomie à sa mesure;
4. de s'attarder aux petits gains
et de les reconnaître. Démontrer votre intérêt
à ce que la personne atteinte fait, même si cela vous
semble répétitif et monotone. Il ne faut pas dévaloriser
les tâches accomplies. Ce que l'un fait de façon automatique
peut demander un grand effort à l'autre;
5. que l'entourage de la personne
atteinte priorise ses demandes. Quelles sont les attentes
les plus importantes? En choisir un nombre limité. Oublier
les autres. Exemple : si l'important c'est d'aller au rendez-vous
avec l'équipe traitante, j'oublie les autres sorties sociales;
6. que les attentes s'ajustent
à la phase de la maladie et au niveau de fonctionnement de
la personne atteinte;
7. que les demandes portent sur les tâches
que la personne atteinte aime faire. Exemple : si elle préfère
mettre la table plutôt que de laver la vaisselle alors demander
lui de faire le premier;
8. de ne pas lui donner une longue
liste de travaux à accomplir. Il faut lui assigner une
tâche, lui indiquer le temps de la journée où
l'accomplir et inscrire cette tâche dans un horaire régulier.
Exemple : la poubelle doit être vidée chaque soir après
le repas;
9. de lui assigner une tâche
qu'elle accomplira tous les jours plutôt que de changer de
tâche constamment. Il lui sera alors plus facile de la
maîtriser. Lorsque la personne atteinte accomplit sa tâche
avec aisance, on peut ajouter d'autres tâches de façon
progressive;
10. que la personne soutien apprenne
à partir, que ce soit pour une soirée ou des vacances
un peu plus longues. Il est certain que, si la personne atteinte
traverse une phase aiguë, il n'est pas approprié de
la laisser seule. Cependant, il faut y songer lorsqu'elle va un
peu mieux. Il faut en parler à la personne atteinte assez
longtemps à l'avance. Il faut aussi avertir un voisin, un
ami ou un membre de la famille que la personne atteinte pourra contacter
en cas de besoin;
11. d'encourager les amitiés et
les relations amoureuses que la personne atteinte pourrait développer.
Si la personne atteinte choisit des amis que vous n'approuvez pas,
il faut vous rappeler qu'il est extrêmement difficile pour
elle de créer des liens avec d'autres personnes et que tout
effort en ce sens doit être encouragé. Il est normal
que la personne atteinte se lie d'abord avec des personnes qu'elle
rencontre en milieu hospitalier ou de programmes communautaires;
12. de laisser la personne atteinte partir
en vacances si elle le désire. Aidez-la à s'y
préparer. Faites des plans avec elle. Discutez avec elle
de plans alternatifs : quoi faire si elle se perd, si elle perd
sa médication, si elle manque d'argent, comment vous rejoindre,
nom d'une personne contact dans la ville où elle se rend
Il faut permettre à la personne atteinte d'expérimenter.
Si l'expérience ne se passe pas bien il est important de
reconnaître les apprentissages faits et de les renforcer.
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Tiré du Programme Information
Famille, produit par L'Apogée (1996)
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