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Accueil > Défi Schizophrénie > Volume 11 #1


Pourquoi l'étude CATIE était nécessaire

La schizophrénie est difficile à traiter. Jusqu'à maintenant, les études portant sur les antipsychotiques de première génération et les nouveaux médicaments atypiques ont été menées par des fabricants de médicaments. De telles études sont réalisées afin de déterminer si les médicaments sont efficaces pour soigner les symptômes de la schizophrénie, dans le but d'obtenir l'approbation du Food and Drug Administration (FDA) et de fixer les droits de commercialisation. Ces études comparent des personnes atteintes de schizophrénie qui ne prennent que le médicament à l'étude, avec d'autres à qui on donne un placebo. Ces études ne durent généralement que huit semaines, et sont effectuées avec des patients qui ne sont atteints que de schizophrénie (c.-à-d. qui n'ont aucun problème de toxicomanie, de troubles anxieux ou tout autre trouble qu'on retrouve souvent chez les personnes atteintes de schizophrénie). De plus, ces traitements n'ont pas lieu dans une grande variété de sites de traitement fréquentés par un grand nombre de patients atteints de schizophrénie.

L'ennui avec ce type d'études, c'est qu'elles rendent très compliqué pour les médecins de savoir quel médicament ou combinaison de médicaments sera efficace pour un patient en particulier, parce que, dans la vraie vie, les patients sont souvent atteints de plus d'un trouble mental. Ces études ne mentionnent pas, non plus, quelles ont été les réactions des patients à ces médicaments après la période de huit semaines que dure de telles études.

Le gouvernement fédéral a donc décidé, par l'entremise du NIMH, de financer une étude plus vaste, CATIE, comprenant presque 1500 participants. Cette étude menée à l'aveugle (à double insu) et à long terme (18 mois) sur des patients du " monde réel " avait pour but de comparer l'efficacité et les effets secondaires de cinq médicaments - quatre de la nouvelle génération (atypiques) et un de première génération (médicaments appelés typiques) - employés pour traiter les personnes atteintes de schizophrénie. (Au cours de cette étude, ni le médecin ni le patient ne savaient quel médicament le patient prenait pour éviter tout biais d'ordre émotionnel.)

On dit que les antipsychotiques de première génération traitent bien les symptômes positifs de la schizophrénie. Cependant, ils ont des effets secondaires qui sont souvent insupportables et parfois permanents, tel la dyskinésie tardive. Par conséquent, trop souvent les patients cessent de prendre leurs médicaments ce qui entraîne de fréquentes rechutes. En outre, ces médicaments ne soulagent pas tous les symptômes et les facteurs d'invalidité, notamment les déficits cognitifs et les troubles de l'humeur.

Les premiers antipsychotiques atypiques ont été lancés au cours des années 90. Ils semblaient efficaces et réduisaient le risque d'effets secondaires, appelés effets secondaires extrapyramidaux, tels que la rigidité des mouvements, les spasmes musculaires persistants, les tremblements et une agitation incontrôlable associés aux médicaments de première génération (typiques). Cependant, deux points n'étaient pas clairs : les bienfaits précis de ces nouveaux médicaments et leurs avantages sur les médicaments plus anciens. C'est là une information pourtant importante pour le gouvernement et les autres assureurs du domaine de la santé puisque le coût de ces médicaments atypiques est dix fois plus élevé que celui des anciens médicaments.

L'étude CATIE a été entreprise pour déterminer l'efficacité et le degré de tolérance à long terme des antipsychotiques atypiques, d'une part comparés les uns avec les autres, et d'autre part comparés à un médicament antipsychotique conventionnel. En d'autres mots, le but de l'étude était de déterminer quels médicaments sont les plus efficaces et les plus tolérables à long terme.

Afin d'assurer que les conclusions refléteraient les réactions de l'ensemble des personnes atteintes de schizophrénie, l'étude CATIE se distingue de plusieurs façons des études utilisées par les compagnies pharmaceutiques pour obtenir l'approbation de commercialiser un médicament :
- 1493 participants ont participé à l'étude; les tests des entreprises pharmaceutiques portent généralement sur une fraction de ce nombre.
- Les participants ont eu le droit de continuer à utiliser d'autres médicaments, si nécessaire.
- Les membres de la famille ou les aidants ont reçu une thérapie de base, de l'information et un soutien.
- Les participants ont été suivis dans 57 centres de traitement à l'échelle nationale, des lieux identiques ou semblables aux endroits où sont traités la plupart des patients souffrant de schizophrénie.
- Les participants provenaient de différents milieux ethniques et raciaux, et vivaient dans des milieux urbains et ruraux pour représenter les personnes atteintes de schizophrénie du " monde réel ".

Vous trouverez le sommaire de l'étude CATIE (Effectiveness of Antipsychotic Drugs in Patients with Chronic Schizophrenia) au :
http://content.nejm.org/cgi/content/short/353/12/1209

 

Les médicaments ayant fait partie de l'étude CATIE

Antipsychotiques de première génération:
- perphénazine (Trilafon)

Antipsychotiques atypiques:
- olanzapine (Zyprexa)
- quetiapine (Seroquel)
- risperidone (Risperdal)
- ziprasidone (Geodon)
- aripiprazole (Abilify) : n'a pas été approuvé à temps par la FDA pour faire partie de cette étape de l'étude).
(www.nimh.nih.gov)

Texte tiré de l'édition " Winter 2006 " de Schizophrenia Digest, et traduit.