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Pourquoi l'étude CATIE était
nécessaire
La schizophrénie est difficile à traiter. Jusqu'à
maintenant, les études portant sur les antipsychotiques de
première génération et les nouveaux médicaments
atypiques ont été menées par des fabricants
de médicaments. De telles études sont réalisées
afin de déterminer si les médicaments sont efficaces
pour soigner les symptômes de la schizophrénie, dans
le but d'obtenir l'approbation du Food and Drug Administration (FDA)
et de fixer les droits de commercialisation. Ces études comparent
des personnes atteintes de schizophrénie qui ne prennent
que le médicament à l'étude, avec d'autres
à qui on donne un placebo. Ces études ne durent généralement
que huit semaines, et sont effectuées avec des patients qui
ne sont atteints que de schizophrénie (c.-à-d. qui
n'ont aucun problème de toxicomanie, de troubles anxieux
ou tout autre trouble qu'on retrouve souvent chez les personnes
atteintes de schizophrénie). De plus, ces traitements n'ont
pas lieu dans une grande variété de sites de traitement
fréquentés par un grand nombre de patients atteints
de schizophrénie.
L'ennui avec ce type d'études, c'est qu'elles rendent très
compliqué pour les médecins de savoir quel médicament
ou combinaison de médicaments sera efficace pour un patient
en particulier, parce que, dans la vraie vie, les patients sont
souvent atteints de plus d'un trouble mental. Ces études
ne mentionnent pas, non plus, quelles ont été les
réactions des patients à ces médicaments après
la période de huit semaines que dure de telles études.
Le gouvernement fédéral a donc décidé,
par l'entremise du NIMH, de financer une étude plus vaste,
CATIE, comprenant presque 1500 participants. Cette étude
menée à l'aveugle (à double insu) et à
long terme (18 mois) sur des patients du " monde réel
" avait pour but de comparer l'efficacité et les effets
secondaires de cinq médicaments - quatre de la nouvelle génération
(atypiques) et un de première génération (médicaments
appelés typiques) - employés pour traiter les personnes
atteintes de schizophrénie. (Au cours de cette étude,
ni le médecin ni le patient ne savaient quel médicament
le patient prenait pour éviter tout biais d'ordre émotionnel.)
On dit que les antipsychotiques de première génération
traitent bien les symptômes positifs de la schizophrénie.
Cependant, ils ont des effets secondaires qui sont souvent insupportables
et parfois permanents, tel la dyskinésie tardive. Par conséquent,
trop souvent les patients cessent de prendre leurs médicaments
ce qui entraîne de fréquentes rechutes. En outre, ces
médicaments ne soulagent pas tous les symptômes et
les facteurs d'invalidité, notamment les déficits
cognitifs et les troubles de l'humeur.
Les premiers antipsychotiques atypiques ont été lancés
au cours des années 90. Ils semblaient efficaces et réduisaient
le risque d'effets secondaires, appelés effets secondaires
extrapyramidaux, tels que la rigidité des mouvements, les
spasmes musculaires persistants, les tremblements et une agitation
incontrôlable associés aux médicaments de première
génération (typiques). Cependant, deux points n'étaient
pas clairs : les bienfaits précis de ces nouveaux médicaments
et leurs avantages sur les médicaments plus anciens. C'est
là une information pourtant importante pour le gouvernement
et les autres assureurs du domaine de la santé puisque le
coût de ces médicaments atypiques est dix fois plus
élevé que celui des anciens médicaments.
L'étude CATIE a été entreprise pour déterminer
l'efficacité et le degré de tolérance à
long terme des antipsychotiques atypiques, d'une part comparés
les uns avec les autres, et d'autre part comparés à
un médicament antipsychotique conventionnel. En d'autres
mots, le but de l'étude était de déterminer
quels médicaments sont les plus efficaces et les plus tolérables
à long terme.
Afin d'assurer que les conclusions refléteraient les réactions
de l'ensemble des personnes atteintes de schizophrénie, l'étude
CATIE se distingue de plusieurs façons des études
utilisées par les compagnies pharmaceutiques pour obtenir
l'approbation de commercialiser un médicament :
- 1493 participants ont participé à l'étude;
les tests des entreprises pharmaceutiques portent généralement
sur une fraction de ce nombre.
- Les participants ont eu le droit de continuer à utiliser
d'autres médicaments, si nécessaire.
- Les membres de la famille ou les aidants ont reçu une thérapie
de base, de l'information et un soutien.
- Les participants ont été suivis dans 57 centres
de traitement à l'échelle nationale, des lieux identiques
ou semblables aux endroits où sont traités la plupart
des patients souffrant de schizophrénie.
- Les participants provenaient de différents milieux ethniques
et raciaux, et vivaient dans des milieux urbains et ruraux pour
représenter les personnes atteintes de schizophrénie
du " monde réel ".
Vous trouverez le sommaire de l'étude CATIE (Effectiveness
of Antipsychotic Drugs in Patients with Chronic Schizophrenia)
au :
http://content.nejm.org/cgi/content/short/353/12/1209
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Les médicaments ayant
fait partie de l'étude CATIE
Antipsychotiques de première
génération:
- perphénazine (Trilafon)
Antipsychotiques atypiques:
- olanzapine (Zyprexa)
- quetiapine (Seroquel)
- risperidone (Risperdal)
- ziprasidone (Geodon)
- aripiprazole (Abilify) : n'a pas été approuvé
à temps par la FDA pour faire partie de cette étape
de l'étude).
(www.nimh.nih.gov)
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Texte tiré de l'édition " Winter
2006 " de Schizophrenia Digest, et traduit.
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