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" Assurer une
prise en charge complète "
Le point de vue des aidants
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Au cours des 50 dernières années, le transfert
des soins dans la communauté et la désinstitutionnalisation
des patients psychiatriques a déplacé la responsabilité
des soins quotidiens sur les membres de la famille. Cette nouvelle
responsabilité pour les familles est en partie attribuable
aux lacunes du système des services de soutien communautaires.
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L'immense impact psychosocial, physique et financier sur la
famille des personnes atteintes d'une maladie mentale grave
est comparable à celui de ceux et celles qui souffrent
d'autres maladies comme la maladie d'Alzheimer ou le cancer.
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Des études récentes précisent qu'aux
Etats-Unis, entre un tiers et deux tiers des personnes souffrant
d'un problème psychiatrique à long terme habitent
présentement avec les membres de leur famille. Des données
révèlent que la proportion des personnes atteintes
de schizophrénie vivant avec des proches varie de 40
% aux Etats-Unis à plus de 90 % en Chine.
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Le fardeau imposé par la maladie mentale se révèle
par les réactions négatives des aidants qui doivent
assumer une responsabilité non rémunérée
et imprévue vis-à-vis la personne atteinte de
problèmes mentaux invalidants dont ils s'occupent. L'intensité
de la charge des aidants varie selon la durée et la fréquence
des hospitalisations et des rechutes.
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Une étude intereuropéenne (EPSILON) a révélé
que la charge assumée par les aidants à l'égard
des personnes atteintes de schizophrénie est pratiquement
la même en Angleterre, au Danemark, aux Pays-Bas, en Italie
et en Espagne. Ce fardeau s'alourdit lorsque les aidants sont
en contact plus fréquemment avec les patients et lorsque
les patients vivent avec leur famille.
Worried, Tired and Alone, un rapport publié en 2003
et présentant une analyse des problèmes vécus
par les aidants des personnes atteintes d'une maladie mentale en
Australie occidentale indique qu'après avoir pris soin de
leur proche pendant une longue période de temps, la majorité
des aidants interrogés ont signalé que cette situation
avait exercé des tensions personnelles, émotionnelles
et physiques sur leur vie, en plus de leur dérober leur liberté
personnelle.
Incidence émotionnelle
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La culpabilité, le sentiment de perte, l'état
de détresse, la peur, la vulnérabilité,
et des sentiments croissants de défaite, d'anxiété,
de rancune et de colère sont souvent signalés
par les aidants.
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Les aidants se sentent parfois isolés, limités
dans la poursuite de leurs propres activités, et peuvent
être accablés par un manque de soutien de la part
des amis, de la famille et des prestataires de soins.
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La frustration liée aux efforts fournis pour assurer
la fidélité au traitement; le fait d'être
aux prises avec un comportement interpersonnel perturbé
ou difficile et la fatigue causée par la supervision
constante d'un proche sont tout autant de facteurs identifiés
qui augmentent le fardeau des aidants. Par ailleurs, les aidants
ont dit éprouver une grande anxiété associée
à la crainte que leur proche puisse tenter de se suicider.
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Le rapport Worried, Tired and Alone a en outre fait
ressortir que de nombreux aidants éprouvent des sentiments
intenses et envahissants de peur et d'incertitude, et aussi
d'impuissance et d'inaptitude, souvent aggravés par les
comportements imprévisibles de la personne atteinte en
voie de faire une rechute. Parmi les comportements les plus
souvent manifestés, on notera les réactions de
violence, les sautes d'humeur fréquentes, l'aliénation,
les paroles offensantes et la capacité du patient de
paraître normal pendant un moment, puis d'être à
fleur de peau quelques instants après.
Incidence financière
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La maladie mentale d'un proche peut considérablement
perturber les routines familiales et professionnelles, en plus
d'entraîner une baisse notable de productivité
au sein de l'unité familiale.
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Les membres de la famille se retrouvent souvent dans une situation
où ils se voient forcés d'assumer les frais médicaux
découlant du traitement de leur proche atteint d'une
maladie mentale, en plus de soutenir l'augmentation potentielle
des frais médicaux d'autres membres de la famille.
Incidence physique
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Les problèmes physiques et mentaux des aidants s'aggravent
chez ceux et celles qui assurent la plus grande partie des soins.
On estime que les taux de dépression chez les aidants
varient de 38 % à 60 %. Les cas de dépression
sont plus fréquents chez les aidants qui s'occupent d'un
membre de leur famille qui présente un plus grand nombre
de symptômes et un déficit cognitif plus important.
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Dans le même ordre d'idées, on constate un lien
entre la charge imposée aux aidants et l'apparition chez
les aidants des symptômes de maladies infectieuses (principalement
des maladies des voies respiratoires supérieures). Plus
les symptômes de leur proche sont graves, plus le nombre
de maladies infectieuses contractées par l'aidant est
élevé.
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De plus, le rapport Worried, Tired and Alone, a révélé
que bon nombre d'aidants se sont dits très fatigués,
vidés, affectivement stressés et moralement épuisés
par leurs responsabilités d'aidants; certains d'entre
eux ont même développé des maladies physiques.
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Dans une autre étude, les membres de la famille vivant
aux côtés d'une personne atteinte de trouble bipolaire
ont fait état d'une santé physique diminuée,
d'une activité plus limitée, et d'un recours accru
aux services de santé, comparativement aux non-aidants.
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Si diverses études ont effectivement démontré
que les personnes atteintes d'une maladie mentale grave sont
plus susceptibles d'être victimes de violence, la violence
est néanmoins un agent stressant qui affecte émotionnellement
et physiquement les aidants familiaux. Les recherches indiquent
que, parmi les patients admis dans un hôpital psychiatrique
ayant physiquement attaqué une personne, l'attaque avait
eu lieu contre un membre de leur famille que dans 50 % des cas.
Un traitement favorable contribue à
réduire les rechutes et à alléger le fardeau
des aidants
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Les aidants qui accompagnent des patients souffrant de trouble
bipolaire, de schizophrénie ou de trouble schizo-affectif
éprouvent souvent des troubles émotionnels lorsque
leur proche ne se conforme pas au traitement prescrit. Réciproquement,
un traitement adéquat peut soulager les symptômes,
prévenir ou retarder les rechutes et aider les personnes
atteintes de trouble bipolaire, de schizophrénie ou de
trouble schizo-affectif à mener une vie productive et
valorisante. Une telle situation peut également avoir
l'effet d'alléger le fardeau des aidants et permettre
à ces derniers d'orienter leur attention sur d'autres
aspects de leur vie.
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On a constaté que la thérapie familiale et d'autres
programmes qui impliquent et soutiennent les familles dès
le début du traitement contribuaient à amoindrir
les rechutes et à atténuer le stress et les perturbations
au sein de la famille. Des études confirment que les
interventions familiales entraînent souvent une réduction
des rechutes de la maladie, des symptômes négatifs,
et du recours à l'hospitalisation.
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Les membres de la famille des personnes atteintes d'une maladie
mentale devraient rechercher un appui auprès de leurs
amis et des membres de leur famille ou, s'ils estiment ne pas
pouvoir parler de leur situation à ces personnes, ils
devraient se faire un devoir de trouver un groupe d'entraide
ou de soutien. Ces groupes fournissent aux aidants l'occasion
de discuter avec d'autres personnes aux prises avec le même
genre de problèmes.
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