Chronique: Ma mère et moi lors de ma mise sous garde
NOUVELLE CHRONIQUE DU PAIR AIDANT: Simon Longpré, le pair aidant de la SQS, vous présente une nouvelle chronique où il vous raconte diverses expériences reliées à la schizophrénie. C’est ma mère qui s’est occupée de moi, qui m’a suivi tout au long de mes séjours à l’hôpital, et ça n’a pas toujours été facile. Je me rappelle l’avoir mise à rude épreuve parce que je voulais absolument sortir de ma mise sous garde. Je croyais que si ma famille acceptait ma mise sous garde, c’est qu’elle était du côté de l’équipe traitante. Cette perspective me faisait donc voir ma mère comme une opposante à mon projet de liberté.
Une raison majeure me poussait à vouloir absolument sortir; quelques jours avant d’entrer à l’hôpital, j’avais fait la rencontre d’une fille dont j’étais tombé amoureux. Comme les occasions de rencontres s’étaient faites plutôt rares dans les dernières années, je tenais absolument à retrouver ma liberté pour saisir cette chance.
Je savais qu’il n’y avait rien de sûr dans cette éventuelle relation, mais mon état mental m’amenait à croire qu’il s’agissait d’un projet possible. Il faut également souligner que cette fille faisait partie intégrante de mon délire, et jouait un rôle dans le scénario que je m’étais construit avec le temps.
Cette situation faisait en sorte que je devenais de plus en plus irritable envers avec ma mère, notamment lorsqu’elle venait me visiter ou lorsque je l’appelais au téléphone pour l’implorer de faire tout en son pouvoir pour que je puisse sortir de là.
Je me rappelle plus particulièrement d’une soirée passée au téléphone avec elle, pendant laquelle il y a eu plusieurs rupture de conversations, parce qu’elle me confrontait sur ma maladie alors que moi j’essayais de lui faire accepter mon scénario. J’étais d’une part très emporté par mon délire et d’autre part, je m’en voulais énormément de lui faire vivre cela, même si elle s’opposait à mon projet. Il n’en demeure pas moins que c’est lors de cette soirée-là que j’ai pris la décision de couper les ponts avec les membres de ma famille. Je me disais que s’ils n’étaient pas en mesure de vivre et de croire ce qui était en train de m’arriver, il valait mieux pour moi de les éviter, dans l’unique but de remplir la mission dont je me sentais investi.
Cette situation a trouvé son dénouement le lendemain, ou quelques jours plus tard, lorsque ma mère est venue me visiter. Je me rappelle lui avoir dit qu’il n’existait plus de lien entre moi et ma famille, et qu’à partir de maintenant je me devais de respecter ma décision. La réaction de ma mère a été immédiate. Elle m’a dit de ne jamais faire ça, sur un ton qui était très juste, un ton dans lequel je pouvais reconnaître tout l’amour qu’elle avait pour moi. Je ne me rappelle plus vraiment ce qui a été dit ensuite, mais sa réaction m’a beaucoup fait réfléchir et m’a amené à revenir sur ma décision.
Il est important de mentionner que j’ai toujours entretenu une très bonne relation avec ma mère. Si j’étais à ce point choqué du refus de ma famille de vouloir m’aider à sortir de l’hôpital, c’est parce que je croyais vivre une histoire incroyable dans laquelle j’étais en contact avec Dieu ou une force supérieure. Tout au long de mon rétablissement, ma mère m’a accompagné, et a été la personne qui a veillé à mon bien-être lorsque j’éprouvais des difficultés avec la maladie.
Est-ce qu’il y a des personnes qui ont vécu ce type de difficultés avec leur famille lors d’une hospitalisation?
Est-ce qu’il y a des gens dont la famille a joué un très grand rôle lorsqu’ils sont tombés malades?
Si vous désirez en savoir plus ou tout simplement entrer en contact avec moi, vous pouvez me rejoindre au 514-251-4125 poste 1 ou au numéro sans frais 1-866-888-2323 poste 1.


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