Reconstitution d'hallucinations: l'épisode À LA MAISON, vu par nos responsables au soutien
La compagnie pharmaceutique Janssen a récemment mis en ligne une série de vidéos afin d'illustrer quelles peuvent être les perceptions d'une personne atteinte de schizophrénie lors d'un épisode de psychose. Notre pair aidant et notre conseillère en soutien psychosocial vous donnent leur point de vue au sujet de la dernière vidéo de la série, À LA MAISON. Pour visionner la vidéo, cliquez ici, puis revenez lire l'interprétation de notre équipe. Nous vous recommandons de lire d'abord l'avis du Dr Pierre Lalonde ci-dessous avant de cliquer sur le lien de la vidéo.
AVIS DU DR PIERRE LALONDE, PSYCHIATRE À L’HÔPITAL LOUIS-H. LAFONTAINE
Vous êtes sur le point d’expérimenter une brève simulation d’un épisode psychotique d’une personne atteinte de schizophrénie. Les symptômes (hallucinations et délires) que vous allez visionner proviennent d’une compilation de sensations expérimentées et décrites par divers patients atteints de schizophrénie. Il est rare qu’un même patient puisse vivre tous ces symptômes en si peu de temps. Néanmoins, on peut mieux comprendre le désarroi, la crainte et la souffrance de ceux qui les ressentent.Le point de vue de notre pair aidant
Selon moi, la vidéo Mindstom est la plus fidèle des quatre vidéos conçues par Janssen parce qu’il y a moins de « surcharge » au niveau des hallucinations. Par contre, il est un peu étrange qu’on laisse entendre que le seul fait d’avoir oublié de prendre sa médication le matin entraîne toute cette tempête. Habituellement, le médicament agit sur une longue période de temps, et ça prend plus qu’un seul oubli (surtout qu’il s’agit de quelques heures de délai) pour voir revenir le délire et les hallucinations. Le portrait que nous brosse cette vidéo est celle d’un homme parvenu à un moment extrêmement critique, une situation qui devrait, normalement, l’envoyer à l’hôpital. Pour ce qui est du reste, les hallucinations illustrées dans cette vidéo correspondent très bien à ce que peut ressentir une personne atteinte dans un environnement familier comme son logement ou sa propre maison.Son vécu par rapport à la vidéo
J’ai vécu ce type de situations dans mon logement et ce, à plusieurs reprises. Mon logement était devenu un lieu où j’accumulais toutes sortes d’objets que je ramassais sur la rue et partout où j’allais (cartes d’affaires, livres, morceaux de tissus, etc.). Je passais de longs moments à étudier de près les différents journaux que j’avais ramassés, afin de découvrir la nature du complot que je croyais monté contre moi. Il pouvait m’arriver de dialoguer avec un objet pendant plusieurs minutes. Ce pouvait être un objet usuel de la vie courante (le personnage dessiné sur un pot de café) ou un objet que j’avais gardé en souvenir qui me permettait de comprendre les ramifications du complot jusqu’au moment où cet objet était entré dans ma vie. La télévision jouait également un rôle de premier plan, et j’avais souvent des hallucinations à propos des émissions qui étaient diffusées.avis de notre conseillère en soutien psychosocial
Notre conseillère psychosociale vous rappelle quelques règles d’or à privilégier, tirées de notre brochure La schizophrénie - Comprendre et aider.
Elles vous aideront à améliorer votre qualité de vie ainsi que celle de votre proche, notamment dans des situations semblables à celles dépeintes par la vidéo.
Stratégies d'adaptation à privilégier
Les parents et les proches d’un être cher atteint de schizophrénie peuvent faire plusieurs choses afin que la vie soit plus facile et agréable, tant pour la personne malade que pour la famille dans son ensemble.
Les quelques conseils suivants ont été utiles à plusieurs familles :
- Réviser les attentes : La famille s’adaptera plus facilement à la situation si elle accepte de diminuer ses attentes vis-à-vis la personne malade. Cette attitude constitue un premier pas dans la bonne direction pour ramener le problème dans un cadre que la famille pourra gérer. (...) De cette façon, vous réussirez mieux à développer une conscience plus précise des décisions à prendre dans l’avenir.
- Évitez les stimulations excessives: Tentez d’éviter les conflits et les critiques entre les membres de la famille en général, et en particulier, avec la personne malade. Une personne atteinte de schizophrénie éprouve de la difficulté à supporter une charge émotive trop forte. Soyez conscient également que trop de compliments peut aussi être nuisible. Comme n’importe qui, la personne qui souffre de schizophrénie a besoin d’encouragement et de félicitations, mais si vous en faites trop, elle sera perturbée.
- Établir des limites: Dans une famille, les règles servent à créer une bonne atmosphère, à protéger les droits de chaque membre de la famille et à encourager l’épanouissement de chacun. Lorsqu’un proche est atteint de schizophrénie, la famille gagne à établir des règles qui sont claires pour les raisons suivantes : la personne malade réalise difficilement l’impact de ses comportements sur les autres; elle a souvent du mal à se concentrer ou pourrait être dans sa bulle; elle est centrée sur ses propres besoins; enfin, elle interprète difficilement les expressions faciales dénotant un désaccord et elle a parfois des troubles de mémoire. Lorsqu’une règle est énoncée, il est important de la justifier en fournissant à tous les membres de la famille la raison pour laquelle elle est appliquée et d’indiquer quelles actions seront prises au cas où elle ne serait pas suivie. Il est très important, finalement, de préciser à l’avance les conséquences prévues si une règle n'est pas suivie, et de mettre les conséquences en application, le cas échéant.
- Maintenir un mode de communication simple: Privilégier une communication ouverte et franche, tant au niveau de l’expression des sentiments que de l’échange d’informations. Gardez à l’esprit que l’on communique également avec des gestes, des silences, des sourires, des regards, des expression faciales, des rires et des pleurs. Évitez d’adresser plus d’une demande à la fois à une personne atteinte de schizophrénie. Abordez un seul sujet à la fois, évitez les détails inutiles ou abstraits. Il ne faut pas présumer des besoins ou désirs d'une autre personne sans qu'elle les ait elle-même exprimés.
- Encourager la prise de médicaments: Faites ressortir auprès de la personne atteinte quels sont les bienfaits que la médication peut lui apporter. Expliquez de nouveau, au besoin, que la médication demeure nécessaire, même lorsqu’elle se sent mieux. Faites-lui comprendre que c’est la prise de ses médicaments qui lui permet justement de se sentir mieux et lui permettra de le demeurer.
- Maintenir une routine familiale normale: Il faut éviter de centrer toute votre vie autour de la personne atteinte et de négliger les autres membres de votre famille, conjoint, enfants et autres proches qui ont eux aussi besoin de votre attention et de votre amour.
Finalement, nous invitons les familles et les proches à contacter nos conseillers au soutien pour trouver des ressources de votre secteur qui offrent des services d'activités éducatives, récréatives, culturelles et thérapeutiques.
Pour joindre Florence Calandra, conseillère psychosociale auprès des proches de personnes atteintes: (514) 251-4125 # 2 ou
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Pour joindre Simon Longpré, pair aidant auprès des personnes atteintes: (514) 251-4125 # 1 ou
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