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Toxicomanie et schizophrénie: un témoignage d'espoir

Le 13 septembre dernier, lors de la conférence Toxicomanie et schizophrénie : Comment traiter ces deux troubles concomitants?, la SQS a reçu la visite de Guillaume, venu témoigner de son expérience avec la toxicomanie et la schizophrénie.

Il vous fait ici un résumé de sa présentation. Vos réactions sont évidemment les bienvenues.

Je m’appelle Guillaume, j’ai 27 ans. D’abord et avant tout, j’écris ce texte pour donner un peu d’espoir aux personnes touchées par la schizophrénie et à leurs familles. Même avec la maladie on peut vivre une vie normale et être fonctionnel dans la société. On peut aussi réaliser nos rêves si on y croit.

J’ai eu une enfance normale avec mes parents et mon frère. J’avais de bonnes notes à l’école, je faisais du sport (hockey, soccer, tennis). Bref, j’étais un petit gars sérieux. Arrivé au secondaire j’ai commencé à consommer de la drogue avec mes amis. Au début c’était occasionnel mais c’est vite devenu une habitude et un cauchemar. Tout ça pour dire que j’ai abandonné l’école en secondaire 5 en grosse partie à cause de la drogue. Peu de temps après j’ai commencé à consommer du speed. Cette substance est vite devenue un mode de vie et graduellement j’ai commencé à en voir les répercussions directement associées à cette consommation.

Au début j’avais du plaisir à consommer mais un jour j’ai commencé à entendre des voix. C’est à ce moment que ma vie a basculé. Plus je consommais, plus j’entendais des voix et plus j’entendais des voix, plus je consommais. Je me suis donc vite retrouvé dans un cercle vicieux.

Je vais vous expliquer un peu à quoi ressemblaient mes symptômes et peut-être allez-vous vous reconnaître un peu là-dedans. C’est comme si les gens pouvaient lire dans mes pensées. Je me sentais surveillé et les voix que j’entendais me menaçaient de mort. Je pensais que tout le monde m’en voulait. À cause de cette paranoïa, je passais mon temps à avoir peur. Suite à ces événements, j’ai été hospitalisé plusieurs fois et j’ai commencé à prendre de la médication. Entre mes séjours à l’hôpital je n’avais toujours pas réglé mon problème de toxicomanie.

Je mélangeais la drogue et les antipsychotiques, chose à ne pas faire. Suite à ma dernière hospitalisation, j’en avais assez et j’ai donc fait des démarches pour changer ma vie. J’ai téléphoné (directement de l’hôpital) à Portage T.S.T.M. dans le but d’entreprendre une thérapie. Au début je ne croyais pas qu’une place où l’on traite la toxicomanie et la santé mentale existait.

J’ai donc été admis à Portage le 5 février 2009. Je savais que ça n’allait pas être facile. J’ai fait huit mois de programme à l’interne et cinq mois de transition. Ensuite, j’ai habité un an aux appartements supervisés de Portage. J’ai beaucoup appris de mon programme. Il est certain que la thérapie n’est pas facile tous les jours, mais il faut le faire un jour à la fois. Pour la première fois j’ai arrêté de consommer.

Peu de temps après mon arrivée à Portage, on m’a confirmé que je souffrais de schizophrénie. Ce fut un énorme choc pour moi et mes proches. Au début je ne voulais pas l’accepter, j’avais peur. Qui voudrait d’un diagnostic pareil? C’est difficile à accepter mais lorsque les symptômes disparaissent, on y voit plus clair. Voilà maintenant deux ans et demi que je n’entends plus de voix et c’est c e qui me motive à persévérer et à rester abstinent.

Lors de la transition de ma thérapie, j’ai décidé de reprendre mes études là où je les avais laissées. J’ai donc poursuivi mon secondaire à l’éducation aux adultes. Quelques mois plus tard, j’ai obtenu mon diplôme d’études secondaires. Ce fut tout un accomplissement pour moi. Lorsque j’ai décroché mon diplôme, j’ai décidé de ne pas m’arrêter là et d’étudier la toxicomanie afin de redonner un jour l’aide que j’ai reçue. J’ai donc demandé à Portage si je pouvais développer mon expérience et faire du bénévolat au centre. Ils ont accepté et depuis onze mois je les aide deux jours par semaine.

J’aime beaucoup ce que je fais et j’espère travailler un jour dans ce domaine. Je suis présentement étudiant à l’Université de Sherbrooke à temps partiel, où je prépare un Certificat en toxicomanie. J’aimerais ensuite faire un autre certificat, cette fois-ci en santé mentale.
Arrêter de consommer et faire des études universitaires sont les deux plus grandes réalisations de ma vie. C’est pour cette raison que j’aimerais dire à tous que lorsqu’on y met les efforts et que l’on y croit, tout est possible. Aujourd’hui je me suis pris en main et, depuis, plein de bonnes choses arrivent dans ma vie. Il y a de l’espoir, même si on vit avec la maladie, c’est possible d’être heureux et de réussir.

En trois ans j’ai fait ma thérapie, j’ai eu mon diplôme d’études secondaires, j’ai fait disparaître mes symptômes et je suis maintenant à l’Université. À présent je ne souffre plus, mes symptômes sont disparus et je suis heureux. C’est possible pour vous aussi.
Avant de terminer, je voudrais remercier mes parents et mon frère qui, eux aussi, ont beaucoup souffert. Ils n’ont jamais abandonné, même pendant les moments les plus sombres. Aujourd’hui ils sont fiers de moi.

Je demande à toutes les familles de ne jamais abandonner et de tout faire pour aider la personne aux prises avec la maladie et la toxicomanie. IL Y A DE L’ESPOIR ET IL Y A DE L’AIDE AUSSI. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide, c’est un excellent moyen de réussir.

Guillaume
Novembre 2011



Guillaume se joindra bientôt à nos membres sur le forum pour répondre à leurs commentaires et leurs questions sur son vécu avec la toxicomanie, le programme du Portage, etc.

Et vous, que pensez-vous du parcours de Guillaume? Est-ce que vous ou un de vos proches avez vécu une situation semblable?

Commentaires 

 
+1 #1 22-11-2011 19:24
Juste un mot pour vous féliciter Guillaume ainsi que votre famille mais surtout vous remercier de ce témoignage porteur d'espoir !
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+2 #2 22-11-2011 21:18
Je te félicite pour ton parcours Guillaume! Moi je souffre de schizophrénie avec co-morbidité. Ça fait dix huit ans que j'ai pas consommé. Je m'implique à différent niveaux en santé mentale, le groupe Reprendre Pouvoir entre autre un groupe d'utilisateurs associés au développementet à l'organisation des soins & services en santé. Je sais pas trop quoi écrire mais le rétablissement est possible. J'ai une petite question qu'est ce que tu pense de la spiritualité? Moi ça m'aide beaucoup...
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+1 #3 22-11-2011 22:57
Bonjour Guillaume,
Félicitations, tu es un bel exemple de persévérance et de réussite. J'admire ton courage et ta détermination à prendre le taureau par les cornes... tu vas en inspirer plus d'un. J'aimerais bien que tu puisses venir partager ton expérience à La Petite Patrie pour supporter la clientèle au prise avec cette double problématique. Il y a souvent perte d'espoir à s'en sortir et à s'associer comme "une maladie" et de ne plus savoir comment retrouver l'être qui se trouve masqué par ces motes qui font peur. Bravo et appelle-moi si tu as le goût de venir nous rencontrer. Ariane Hurtubise 514-727-2444
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+1 #4 23-11-2011 18:16
C'est la naissance de mon garçon qui m'a remise sur la ''mappe''. Sans maladie mais toxicomane mon histoire ressemble a la tienne....pas facile et je monte une marche a la fois. Aujourd'hui mission accomplie, j'ai aussi fais beaucoup de bénévolat en prévention des toxicomanies sans toutefois raconter mon histoire car mon audience avait 12 ans et ce n'est pas évident que l'on s'en sorte....BRAVO!
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0 #5 Mauricette Boillet 18-04-2012 12:30
Guillaume, tu me fais pleurer!!!! Je suis une maman qui vit avec ce calvaire d'un fils atteint de schizophrénie et qui fume depuis plus de dix ans, il a pris autre chose aussi dont je ne sais pas le nom!!!!!
Je te félicite de ta démarche!!!! Tu dois être fier et continue d'avancer dans ce sens!!!
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0 #6 Simon Longpré 18-04-2012 14:24
Madame Boillet,
Je peux comprendre votre frustration devant la situation que vous nous décrivez. Accompagner une personne qui prend de la drogue sur une base régulière n’est pas une chose facile. Si jamais vous souhaitez avoir de l’aide ou des conseils quant à la façon de vivre cette situation, ne vous gênez pas pour faire appel à mes services. Je suis pair aidant à la Société québécoise de la schizophrénie et j’ai reçu une formation dans le but d’accompagner et de soutenir les personnes atteintes. Je peux également servir de point de référence aux familles qui recherchent des solutions pour venir en aide à leur proche atteint. Vous pouvez me rejoindre au 514-251-4125 le poste 1 ou à mon adresse courriel : slongpre@schizo phrenie.qc.ca
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