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FAQ

La schizophrénie est une maladie du cerveau qui ne peut s’expliquer par une seule cause. Elle est plutôt causée par un ensemble de facteurs qui interagissent les uns avec les autres, et qui peuvent provoquer l’apparition de symptômes reliés à la schizophrénie – symptômes qui affectent la vie psychique, la vie relationnelle et la vie sociale.

Nous retrouvons, parmi ces facteurs, la composante génétique.

Plusieurs études confirment que la probabilité qu’une personne soit atteinte de schizophrénie croît si un parent (père, mère, frère, sœur, oncle, cousin, etc.) est atteint par la maladie.

Cependant, cela ne veut pas dire qu’une personne ayant un membre de sa famille atteint de schizophrénie développera la maladie. D’ailleurs, elle peut aussi survenir même s’il n’existe aucun cas connu dans la famille.

D’autres facteurs peuvent également déclencher la schizophrénie, plus particulièrement sur le plan neurologique et socio-environnemental.

En effet, à partir de tests d’imagerie cérébrale effectués sur des personnes atteintes, des chercheurs ont observé une dysfonction au niveau des neurotransmetteurs, c’est-à-dire un déséquilibre dans le transport de la dopamine (substance chimique) d’une cellule nerveuse à une autre.

Quant aux facteurs socio-environnementaux pouvant déclencher la maladie, on retrouve la consommation d’alcool ou de drogue, le manque de soutien social, le stress intense dans les milieux familial, professionnel ou scolaire, et des événements perturbant ou traumatisant la vie quotidienne.

Pour en savoir plus, visionnez en ligne la conférence du Dr Lipp, Schizophrénie et génétique, dans la section des conférences mensuelles.

En se référant à deux manuels utilisés par les psychiatres afin de poser un diagnostic, le CIM-10 et le DSM-IV, on identifie 6 formes de schizophrénie.

1. Schizophrénie paranoïde

La schizophrénie paranoïde est la forme la plus fréquente de la schizophrénie.
Elle se caractérise par la présence d'idées délirantes accompagnées d'hallucinations auditives et/ou visuelles ayant un contenu de persécution ou de grandeur, souvent systématisées. Avant la prise de neuroleptiques, la personne atteinte de schizophrénie paranoïde peut avoir une conduite agressive, hostile et même violente envers autrui.

2. Schizophrénie désorganisée ou hébéphrénique.

La schizophrénie hébéphrénique se caractérise, en premier lieu, par une désorganisation de la pensée et du comportement ainsi que par une perturbation des affects. Ceux-ci apparaissent plats et inappropriés. Les idées délirantes et les hallucinations, lorsque présentes, sont souvent passagères et fragmentaires. L’apparition de cette forme est habituellement plus précoce, plus progressive, et peut se manifester par des symptômes d’apathie, de retrait, de perturbation des habitudes et des atteintes de certaines fonctions cognitives.

3. Schizophrénie catatonique

Forme plus rare de la maladie. La schizophrénie catatonique est essentiellement caractérisée par la présence de perturbations psychomotrices importantes, soit la stupeur, le négativisme, ou la rigidité, soit par l'excitation ou l'agitation parfois agressive et parfois destructrice.

4. Schizophrénie indifférenciée

La personne a des symptômes psychotiques évidents, mais qui ne permettent pas de classer le sujet parmi les trois premières formes de schizophrénie.

5. Schizophrénie simple

Trouble peu fréquent caractérisé par l'apparition insidieuse et progressive de comportements bizarres, d’une incapacité à répondre aux exigences de la vie en société et d'une diminution globale des performances. Ce trouble ne met pas en évidence les idées délirantes ni les hallucinations, et il n'est pas aussi manifestement psychotique que les formes catatonique et hébéphrénique de la schizophrénie. Il conduit habituellement à une désinsertion
sociale croissante avec vagabondage, inactivité et absence de projets.

6. Schizophrénie résiduelle

La schizophrénie résiduelle est une forme évolutive de la schizophrénie.
Après que les symptômes aigus se soient résorbés, des symptômes négatifs durables peuvent persister, sans être obligatoirement irréversibles: affect émoussé, retrait social, comportement excentrique et pensée illogique. Cependant, le délire et les hallucinations sont soit moins fréquents, soit moins chargés au niveau émotionnel.

Le trouble schizo-affectif est une forme de psychose qui se caractérise par la présence simultanée de symptômes que l’on retrouve dans la schizophrénie et le trouble bipolaire, encore appelée maniaco-dépression (phases de surexcitation et d’euphorie ou de dépression, anxiété, détresse). De plus, pour poser ce diagnostic, il faut aussi qu'il y ait pendant l’épisode psychotique une période d’au moins 2 semaines durant laquelle on ne retrouve que des symptômes de la lignée schizophrénique.

Le trouble schizophréniforme est un trouble psychotique comprenant essentiellement des symptômes reliés à la schizophrénie, mais la dont la durée totale est d’au moins un mois, tout en étant inférieure à 6 mois.

La durée du trouble schizophréniforme est intermédiaire, se situant entre celle du trouble psychotique bref (les symptômes persistent au moins un jour mais moins d’un mois) et la schizophrénie (pour laquelle les symptômes persistent au-delà de 6 mois).

On soigne la schizophrénie par la combinaison d'un traitement médicamenteux et d'un traitement psychosocial.

En général, les antipsychotiques s'avèrent efficaces pour contrôler les symptômes positifs de la schizophrénie (délires, hallucinations) tout en améliorant certains symptômes négatifs (manque de concentration, manque de motivation). Donnés de façon continue, ils peuvent prévenir les rechutes.

Les traitements psychosociaux ont pour but d'aider le patient et sa famille à faire face à la maladie et aux problèmes qu'elle occasionne. Pour chaque patient, le traitement le plus approprié sera choisi en concertation avec le médecin. Parmi les traitements psychosociaux, on retrouve la thérapie familiale, la réadaptation psychosociale, l'entraînement aux habiletés sociales (ou thérapie cognitivo-behaviorale) et la psycho-éducation. Suite à un premier épisode de schizophrénie, il est fortement suggéré que le patient et sa famille obtiennent de l’information sur la maladie, ses traitements et son évolution à long terme. La SQS offre plus particulièrement des services aux familles, notamment des conférences sur divers sujets touchant la maladie, des soirées de ressourcement et des ateliers L’Entraide : la force des familles. Renseignez-vous sur nos activités.

Les recherches nous révèlent que le risque d’être atteint de schizophrénie augmente si d’autres membres de la famille en sont atteints. On évalue le risque héréditaire à 10 % pour l’enfant si un parent du premier degré en est atteint (père, mère, frère, sœur) et à 40 % si les deux parents en sont atteints.

Cependant, cela ne veut pas nécessairement dire que l'enfant sera atteint de schizophrénie, et l'hérédité n'explique pas tout. En effet, les facteurs environnementaux (stress aux études et au travail, événements traumatisants, conflits importants, pertes importantes…) et obstétricaux (infection virale ou complications lors de l'accouchement) sont aussi des facteurs prédisposant à la schizophrénie.

Encore une fois, la conférence sur la génétique du Dr Lipp vous en apprendra davantage sur l'aspect héréditaire de la schizophrénie.

Les médicaments antipsychotiques ont pour fonction, d'une part, de traiter les symptômes positifs (délires, hallucinations) tout en améliorant certains des symptômes négatifs (manque de motivation, émoussement affectif) et, d'autre part, de prévenir les rechutes. La durée du traitement médicamenteux dépend de l’évaluation des risques et avantages pour le patient par le psychiatre.

Après un premier épisode psychotique, il est recommandé de poursuivre la médication pendant quelques années. Si la personne ne rechute pas, le psychiatre devra évaluer de nouveau la situation, et peut-être que la possibilité d’arrêter la médication pourrait être discutée. Mais les risques de rechute restent souvent élevés et il est possible que les antipsychotiques soient nécessaires pour une durée indéterminée, surtout si les rechutes ont été graves.

Selon plusieurs psychiatres, le recours au traitement psychosocial sans traitement antipsychotique n'est pas recommandé et car peu efficace si employé seul. Il peut également augmenter le risque de rechute dans certaines circonstances – notamment en raison du stress que ces interventions peuvent provoquer chez les patients.

Depuis quelques années, des spécialistes américains et australiens se sont intéressés à l'intervention et au traitement précoce des personnes atteintes de psychose. Sont plus prédisposées à subir une psychose les enfants, les adolescents, les jeunes adultes qui présentent les signes suivants, non spécifiques, appelés prodromes, précurseurs possibles de psychose: tendance à s'isoler socialement, difficulté à socialiser, désintérêts, diminution du rendement scolaire, préoccupations philosophiques étranges, intérêt soudain pour la religion, troubles de comportement, désengagement affectif envers les autres. Une intervention précoce, soit par médicament ou par une thérapie psychologique, pourrait éviter chez l'enfant une psychose, et par le fait même éviter un diagnostic de trouble mental sévère et persistant comme la schizophrénie. Il faut encore souligner que ces signes ne sont pas spécifiques et qu’ils ne mènent pas obligatoirement à une psychose. Ils ne sont parfois que l’expression temporaire d’une phase d’évolution d’une personne.

Pour en apprendre davantage sur les signes avant-coureurs et être en mesure d'observer et d'agir avant la psychose, consultez le refer-O-scope. Ce questionnaire, qui permet de repérer les signes précurseurs de la maladie, s'accompagne d'une recommandation pour faciliter vos échanges futurs avec un intervenant ou un professionnel de la santé.

La consommation de drogue ne cause pas la schizophrénie mais peut être un facteur prédisposant à la maladie. En effet, les effets hallucinogènes des drogues peuvent agir comme éléments déclencheurs de l’apparition d’un premier épisode psychotique ou d’une rechute chez une personne prédisposée à la schizophrénie. Parmi ces drogues on remarque les suivantes: cannabis, PCP, ecstasy, LSD, champignons, amphétamines, etc.

Il est difficile de savoir comment réagir lorsque nous croyons qu’un être cher souffre d’une maladie mentale, et que celui-ci refuse d’admettre que quelque chose ne va pas – puisqu’il se sent tout à fait normal. La première attitude à prendre est de noter les comportements ou symptômes qui perturbent son fonctionnement dans sa vie quotidienne. Est-ce que cette personne souffre d’insomnie ? A-t-elle des difficultés de motivation et de concentration ? A-t-elle tendance à s’isoler de plus en plus ? Parle-t-elle de façon incohérente et illogique ? Est-elle hostile et méfiante envers les autres ? A-t-elle des problèmes au niveau de son hygiène personnelle ?

Lorsque vous constatez que cette personne a un ou plusieurs signes qui perturbent son fonctionnement ainsi que celui de son entourage immédiat, essayez de discuter de vos préoccupations avec elle. Si la personne [qui serait] atteinte d’un trouble mental n’est pas intéressée à en discuter, qu’elle devient agressive et hostile ou qu’elle nie souffrir d’une maladie mentale, attirez son attention sur un symptôme en particulier, par exemple son manque de concentration, et essayez de la convaincre d’aller consulter un médecin.

Dans cette démarche, il est important que la personne atteinte d’un trouble mental perçoive le médecin comme quelqu’un qui peut l’aider, et non comme une personne qui peut critiquer sa conduite ou qui veut lui faire du mal.

Malgré le fait que l’entourage puisse vivre difficilement la situation, il est fortement déconseillé d’accuser, de critiquer et de juger la personne atteinte de maladie mentale sur ses attitudes et ses comportements. Cela ne ferait qu’empirer l’état de santé psychique de la personne. Il est important de vous fier à votre intuition et de demander immédiatement de l’aide en cas de doute.

Il n'est pas toujours évident de convaincre une personne atteinte de schizophrénie d'accepter de se faire soigner.

Trois situations peuvent se présenter.

Premièrement, la personne atteinte de schizophrénie peut nier sa maladie, dire qu’elle est normale et que ce sont les autres qui ne le sont pas. Il est difficile dans ce cas d’argumenter avec cette personne, parce qu’elle peut ne pas discerner le problème en raison de ses symptômes. La persévérance doit être de mise dans cette situation, puisqu’elle peut éventuellement reconnaître que quelque chose ne va pas – avec vos arguments, vous pourriez alors la convaincre de se faire traiter.

Deuxièmement, la personne atteinte peut avoir des symptômes de délires et d’hallucinations tellement sévères qu’elle ne peut percevoir la réalité; il est très difficile dans ces circonstances d’avoir une discussion raisonnable avec elle. Il est préférable d’éviter une confrontation.

Et troisièmement, la personne atteinte de schizophrénie peut refuser de se faire soigner à cause des effets secondaires des médicaments. Chez certains, l’absorption d’un médicament donné amène des étourdissements, vomissements, problèmes de vision et prise pondérale. Par conséquent, cela peut rendre le traitement difficilement supportable. Dans ce cas, vous pourriez convaincre la personne atteinte d’aller visiter son médecin ou son psychiatre. Celui-ci pourrait soit réduire le dosage, ajouter un autre médicament, voire changer de médicament, ce qui pourrait permettre d’atténuer les effets secondaires indésirables.

Bref, s’il est impossible malgré tous vos efforts de convaincre la personne de se faire soigner, et que vous constatez qu’elle a des symptômes ou des comportements qui pourraient représenter un danger pour elle-même ou pour autrui, la procédure judiciaire obligeant cette personne à se faire examiner par un psychiatre peut s’avérer une option. Vous trouverez de l’information sur le consentement aux soins et les droits aux services dans notre section sur les droits en santé mentale.

Si votre proche ne suit pas sa médication, essayez d’abord d’obtenir le consensus de toute la famille sur la nécessité de la médication. Autrement, il cherchera un appui et valorisera naturellement l’opinion du membre de la famille le plus opposé à la médication. Faites en sorte que le membre de la famille le plus influent à ses yeux prenne la parole : habituellement, le ou la conjoint(e), le copain ou la copine, le frère ou la sœur et (évidemment, en dernier recours), les parents.

Par la suite, préparez votre argumentation. Évitez de débuter par l’approche « gros bras », qui mènerait à des luttes de pouvoir stériles. Essayez plutôt de persuader votre proche de prendre sa médication en lui faisant valoir les bénéfices qu’il en retire. Mettez l’accent sur les avantages quotidiens (meilleur sommeil, effets anxiolytiques) et éviter de lui faire peur. En lui disant que les rechutes peuvent être évitées grâce aux médicaments, demandez-lui s’il croit qu’une rechute compliquerait l’atteinte de ses objectifs.

Les conséquences d’une rechute sur les objectifs de vie peuvent ne pas être évidentes à la personne atteinte qui doit prendre des médicaments. Si elle nie les symptômes psychotiques, évitez la confrontation; ce qui semble parfois être un « déni », peut se traduire en réalité par l’embarras de se savoir malade ou fait partie d’un sain désir de ne pas laisser paraître la maladie. Soyez sensible et compréhensif, en comprenant qu’il est difficile d’admettre que l’on est atteint d’une « maladie mentale ».

Compatissez si votre proche se plaint des effets secondaires; les ignorer ne les fera pas disparaître. Le proche peut se sentir négligé ou incompris par l’indifférence que vous manifestez. Cependant, ne vous plaignez pas des effets secondaires ou de la nécessité de prendre des médicaments devant lui; sa volonté de suivre sa médication en serait érodée. Discutez plutôt de vos préoccupations avec le médecin.

Si la persuasion n’est pas efficace, il vaut mieux laisser le médecin ou l’équipe soignante prendre une décision ferme. Si tous les moyens échouent, il ne vous reste qu’à faire soigner votre proche sans son consentement ou à le faire évaluer par une équipe mobile de gestion de crise. Lorsqu’il y a souffrance, ces solutions valent beaucoup mieux que de se confronter directement à un patient en crise ne respectant pas sa médication.





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