31 juillet 2026
À la suite du drame survenu récemment à Shawinigan, où un homme est soupçonné d'avoir causé la mort de son fils, les discussions entourant la schizophrénie ont rapidement pris de l'ampleur dans l'espace public. Comme c'est souvent le cas lors d'événements tragiques fortement médiatisés, plusieurs questions ont été soulevées au sujet de cette maladie complexe.
Dans un reportage diffusé par TVA Nouvelles, nos partenaires Dr Phillip Thérien, psychologue, ainsi que le psychiatre légal Dr Mathieu Dufour, de l'Institut Philippe-Pinel, ont tenu à rappeler une réalité essentielle : il ne faut pas établir de lien automatique entre un diagnostic de schizophrénie et les gestes posés par une personne.
Défaire les mythes qui persistent
L'un des préjugés les plus tenaces à l'égard de la schizophrénie est l'association entre la maladie et la violence. Or, cette perception ne reflète pas la réalité vécue par la grande majorité des personnes concernées. Dans le reportage, Dr Phillip Thérien rappelle qu'environ 1 % des personnes vivant avec la schizophrénie commettent des gestes violents, une proportion qui ne permet aucunement de généraliser à l'ensemble des personnes touchées par la maladie.
Selon lui, l'impression que la schizophrénie est fréquemment associée à la violence s'explique notamment par l'importante couverture médiatique accordée aux événements les plus marquants. Ces situations exceptionnelles occupent beaucoup d'espace dans l'actualité, alors que les milliers de personnes qui vivent avec la schizophrénie sans poser de gestes violents demeurent largement invisibles.
Une population plus souvent victime qu'auteure de violence
Dr Mathieu Dufour rappelle également que les personnes vivant avec la schizophrénie sont plus souvent victimes de violence qu'auteures d'actes criminels.
Cette réalité est importante à souligner puisque les amalgames entre schizophrénie et dangerosité contribuent à la stigmatisation, à l'isolement social et aux obstacles que rencontrent de nombreuses personnes dans leur parcours de rétablissement.
Une maladie qui peut être traitée
Les spécialistes interrogés dans le reportage rappellent également que la schizophrénie est une maladie pour laquelle il existe des traitements efficaces. Les symptômes peuvent être pris en charge grâce à différentes approches, notamment la médication orale et les traitements injectables, permettant à de nombreuses personnes de retrouver une stabilité et une meilleure qualité de vie.
Informer pour mieux comprendre
À la Société québécoise de la schizophrénie, nous croyons qu'il est essentiel de profiter de ces moments où la maladie est au centre de l'actualité pour partager une information juste, fondée sur les connaissances scientifiques et l'expérience des personnes concernées.
Nous remercions chaleureusement Dr Phillip Thérien et Dr Mathieu Dufour pour leur précieuse contribution à ce reportage et pour leur engagement constant à promouvoir une compréhension juste et nuancée de la schizophrénie. Nous soulignons également le travail de la journaliste Chloé Corbeil, dont l'approche rigoureuse et sensible a permis de mettre en lumière des faits essentiels et de contribuer à déconstruire les préjugés qui persistent à l'égard de cette maladie.
Voir le reportage de TVA Nouvelles :
