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3 novembre 2026
Les 22, 23 et 24 octobre derniers, plusieurs membres de l'équipe de la Société québécoise de la schizophrénie et des psychoses apparentées (SQS) ont participé au Congrès de CAP Santé mentale à Victoriaville. Sous le thème « Unissons nos forces pour un avenir meilleur », cet événement a réuni des proches, des pair·es aidant·es famille, des intervenant·es, des gestionnaires, des chercheur·euses et des partenaires engagés pour faire avancer les pratiques en santé mentale.
Riche en conférences, ateliers, témoignages et occasions de réseautage, le congrès a permis de mettre en lumière des initiatives porteuses d'espoir tout en favorisant le partage de connaissances et d'expériences. Pour l'équipe de la SQS, ces trois journées ont été l'occasion de contribuer aux réflexions du milieu, mais aussi de revenir à l'essentiel : les personnes et les familles que nous accompagnons chaque jour.
La participation de la SQS a débuté par l'organisation de la projection du film Billy, réalisé par Lawrence Côté-Collins. Cette activité précongrès a réuni un grand nombre de participant·es autour d'une œuvre profondément humaine qui aborde avec sensibilité les réalités liées à la santé mentale, aux traumatismes et au rétablissement.
À la suite de la projection, un panel de discussion réunissant la réalisatrice Lawrence Côté-Collins, Benoît Poulin, frère de Billy, ainsi que Christiane Yelle, coordonnatrice clinique à la SQS, a permis de prolonger les échanges. Les témoignages partagés ont suscité de nombreuses réflexions et ouvert un espace de dialogue authentique où plusieurs personnes ont trouvé les mots pour raconter leur propre histoire.
Comme l'a souligné Christiane au retour du congrès, la force du film réside dans sa capacité à toucher les participants bien au-delà de l'écran. De nombreuses personnes sont venues partager leurs expériences, leurs blessures et leurs espoirs, poursuivant les discussions tout au long du congrès. Ces rencontres ont démontré à quel point l'art et le témoignage peuvent devenir de puissants outils de sensibilisation, de compréhension et de changement social.
Plusieurs membres de l'équipe ont également contribué activement à la programmation du congrès en partageant leur expertise et leur expérience terrain.
Marc-André Lafond, intervenant psychosocial à la SQS, a participé à l'atelier « Soutenir les proches en contexte de crise : où en sommes-nous en 2026 », présenté dans le volet Crise, soins et justice. À titre de panéliste représentant le regard terrain, il a partagé l'expérience des proches et des familles confrontés aux défis liés aux épisodes de crise en santé mentale, ainsi que les réalités observées quotidiennement dans son travail auprès des personnes vivant avec une psychose et de leur entourage.
Cette discussion multidisciplinaire réunissait également Me Isabelle Cournoyer, avocate en droit de la santé et chargée de cours en psychiatrie légale, qui apportait un regard juridique, ainsi que le Dr Mathieu Dufour, psychiatre légiste, directeur médical adjoint à l'Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, qui présentait un regard clinique sur les enjeux abordés. L'atelier était coanimé par Suzanne Péloquin, proche aidante et chargée de projet à CAP Santé mentale, et la Dre Claire Gamache, psychiatre.
Les échanges ont permis de croiser les perspectives terrain, juridiques et cliniques afin de mieux comprendre les défis vécus par les familles et d'identifier des pistes concrètes pour favoriser leur reconnaissance, leur implication et leur accompagnement dans les situations de crise.
Julie Coulombe, paire aidante famille à la SQS, a pris part à plusieurs ateliers consacrés à la pair-aidance et au rétablissement.
Elle a notamment contribué à l'atelier « Le déploiement de la pair-aidance famille au Québec : où en est-on? », portant sur les avancées et les défis liés au développement de cette pratique partout dans la province. Elle a également participé aux côtés de Luc Vigneault et Michel Gervais,à l'atelier « L'aventure du rétablissement » qui explorait différentes approches d'intervention favorisant le pouvoir d'agir, l'espoir et l'accompagnement par les pairs.
Membre du conseil d'administration de la SQS, avocate et membre de l'entourage, Sylvie Boileau a coprésenté l'atelier « Quand les institutions décident : comment faire une place réelle aux proches? », dans le volet Crise, soins et justice.
L'atelier proposait un dialogue entre deux perspectives complémentaires. Me Marie-Ève Corney-Robichaud, présidente de la Commission d'examen des troubles mentaux et responsable de la Division de la santé mentale du Tribunal administratif du Québec, a présenté la perspective institutionnelle, tandis que Me Sylvie Boileau a apporté le point de vue de l'expérience vécue comme proche en santé mentale. Les échanges ont notamment porté sur la place des proches dans le suivi des personnes déclarées non criminellement responsables en raison d'un trouble mental et sur les moyens de favoriser leur participation au sein des processus décisionnels qui les concernent.
Coanimé par Suzanne Péloquin, proche aidante et chargée de projet à CAP Santé mentale, et la Dre Claire Gamache, psychiatre, cet atelier a permis de mettre en lumière l'importance de reconnaître l'expertise des proches, leur rôle essentiel dans le parcours de rétablissement et la nécessité de leur accorder une place significative au sein des institutions et des mécanismes de suivi.
Au-delà des conférences et des ateliers, ce sont les rencontres humaines qui ont marqué les participant·es de la SQS. Les échanges avec des personnes vivant avec un trouble de santé mentale, des proches, des pairs aidants et des partenaires de partout au Québec ont rappelé la force du partage d'expériences et l'importance de travailler ensemble pour faire évoluer les pratiques.
Ces trois journées ont également offert de précieuses occasions de réseautage et de collaboration, permettant de découvrir des initiatives inspirantes et de tisser de nouveaux liens avec des acteurs engagés du milieu.
Le congrès a été l'occasion de prendre un moment d'arrêt pour se rappeler pourquoi nous faisons ce travail, mais surtout pour qui nous le faisons. Derrière chaque conférence, chaque témoignage et chaque discussion se trouvent des personnes, des familles et des parcours de vie qui méritent d'être entendus, soutenus et accompagnés avec bienveillance.
La SQS tient à remercier chaleureusement CAP Santé mentale pour l'organisation de cet événement rassembleur et inspirant. Nous revenons de Victoriaville enrichi·es de nouvelles connaissances, inspiré·es par les rencontres vécues et plus convaincu·es que jamais que l'espoir, l'écoute et la collaboration demeurent au cœur du rétablissement.

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